Bruno Gonzalez - 6ème DAN Aïkikaï
Un parcours forgé auprès de Christian Tissier
Bruno Gonzalez découvre l’aïkido à l’âge de 15 ans à Bordeaux, auprès d’Alain Guillabert (6ème dan). Lors de son premier cours, ce qui le marque n’est pas tant l’aspect exotique de la discipline que l’atmosphère du dojo : un lieu d’étude, de rigueur, de sobriété et de tradition.
À 18 ans, son baccalauréat en poche, il s’installe à Paris pour se former auprès de Christian Tissier. D’abord croisé lors de stages, le maître l’impressionne immédiatement par l’intensité de sa présence et la justesse de son travail, une évidence qu’un débutant ne sait pas encore expliquer mais qu’il ressent.
Ce compagnonnage de plusieurs décennies fait de lui l’un des héritiers de cette école. Fort de plus de 37 ans de pratique, il enseigne aujourd’hui au Cercle Tissier à Vincennes (cours collectifs, stages, master class et cours particuliers), auprès des débutants comme des pratiquants les plus confirmés.
Une vision de l’aïkido : « plus de ponts que de murs »
Pour Bruno Gonzalez, l’aïkido est avant tout un système d’éducation et de pacification. Fondé sur les lois naturelles du cercle et de la spirale et sur le principe de non-opposition, il offre à chacun, à travers un partenaire, l’occasion de s’étudier lui-même.
Son enseignement explore des thèmes rarement abordés aussi frontalement sur le tatami : la peur (la ressentir sans se laisser gouverner par elle), la violence, l’efficacité, la force de l’intention ou encore l’art de la chute (ukemi), entre agir et laisser faire. Sa pédagogie assume de renoncer à certaines choses pour approfondir les essentielles.
Auteur régulier dans la presse spécialisée (Dragon Magazine, Aïkido Magazine, Aikimag) et interviewé notamment par Guillaume Erard en 2025, il voit ses écrits traduits en anglais, espagnol, italien, portugais, russe et ukrainien, signe d’un rayonnement qui dépasse largement nos frontières.
Sa devise résume sa démarche : partager son expérience avec le plus grand nombre, avec rigueur et créativité, en construisant plus de ponts que de murs.
Un artiste-chercheur aux multiples horizons
Ce qui distingue Bruno Gonzalez, c’est une curiosité hors norme. Convaincu que les arts partagent des principes communs, il a nourri son aïkido de nombreuses expériences :
- La boxe thaïlandaise, au Siam Boxing avec André Zeitoun : le contact, les appuis, la respiration, les distances.
- Le jiu-jitsu brésilien, sous la direction de Christian Derval, pionnier de la discipline en France. Il participe aux premiers stages de Rickson Gracie au Cercle Tissier et termine 2ème de la première Coupe de France de JJB.
- L’art dramatique : plusieurs années d’improvisation, puis sept ans d’école professionnelle de l’acteur. Le théâtre lui donne l’esprit du chercheur et la conviction qu’à un certain niveau, le principal obstacle est souvent soi-même.
- Le yoga Iyengar, pour sa précision dans les alignements et les sensations du corps.
- Le Systema, école du relâchement, de la respiration et de la non-opposition.
- Les derviches tourneurs, abordés par la flûte soufie (ney), dont les rotations et spirales font écho aux cercles de l’aïkido.
- L’art de l’esquive face au taureau (les recortadores), après qu’un pratiquant espagnol eut relevé, lors d’un stage à Athènes, la ressemblance de ses attitudes avec celles des toreros.
Loin d’être une dispersion, ce parcours éclaire un même fil conducteur : comprendre ce qui rend un mouvement juste, vivant et efficace.
